Carthago viens de vivre ce qu’il convient d’appeler « une situation de Crise ». En effet, un incident bénin se transforme en un tour de caméra en catastrophe !
Que pouvons nous reprocher à Carthago et à sa Direction qui, dans une logique d’ingénieurs/techniciens, a balayé l’effroi des passagers avec des arguments du type « notre commandant a plus de 10 000 heures de vol » ou « l’incident, selon la norme XX.ZZ22 est considéré mineur » ou encore « nos avions sont soumis à des contrôles réguliers »…
C’est apparu pour le téléspectateur comme de la langue de bois pure qui rappelle la déclaration d’un ministre français au moment de la catastrophe nucléaire de Tchernobyle: « Le nuage radioactif a été stoppé par la chaîne montagneuse des alpes : Aucune contamination en France ». On connaît la suite.
En bref, les argumentations à caractère scientifique pour clore le débat sont entendues aujourd’hui par le public en « circulez il n’y a rien à voir !».
La réaction de Carthago relève donc d’une communication faite par des « ingénieurs » à l’ancienne et met en évidence deux choses :
-L’absence de plan de communication de crise au sein de cette compagnie.
-L’absence d’un « DirComm » chevronné qui connais ses marchés cibles.
En effet, toute compagnie qui agit sur des territoires ou la communication est un art et qui travaille dans des pays ou l’Image est plus percutante que tout doit prévoir un plan de communication en cas de crise. Il s’agit de réfléchir, à tête froide, à la réaction de l’entreprise en cas de crise et d’écrire un manuel de procédure dans ce sens.
Les compagnies aériennes savent ce qu’est une procédure, une documentation ou une check-list. Elles n’auront donc aucun mal à lister la liste des incidents les plus fréquents sur tel type d’avion, et de décider à l’avance de la marche à suivre dans la prise en charge des passager, de l’incident, des médias du pays concerné, etc… Il y a même des agences spécialisées dans ce business.
Deuxième constatation, l’improvisation de la com : La première déclaration, faite dans un français « approximatif » par une « responsable » de Carthago à Paris n’a pas convaincue, mais la deuxième déclaration a abondé dans le même sens alors qu’on voyait des passagers en larme, les traits tirés….
Ce qu j’ai envie de dire en fait est tout simple : Il fallait à Carthago un peu de sentiments dans cette affaire ! Peut être un ou deux journalistes qui pausent des questions du type « Avez-vous été bien pris en charge » ou un passager qui dédramatise un peu…
L’idée était précisément de désamorcer cette bombe à retardement qui fait qu’un ministre Français des Transport très au fait des techniques de communication questionne la DGAC sur cet incident alors qu’il sait pertinemment que c’est un incident mineur et que la DGAC France ne fera rien ou ne pourra rien faire…
En conclusion, j’espère que Carthago ne subira pas trop longtemps les assauts médiatiques dus à cette affaire (même si beaucoup de compagnies concurrentes auraient tout intérêt à raviver le sujet)… Mais ça devrait être une leçon pour toutes les entreprises Tunisiennes qui travaillent à l’export et qui un jour ou l’autre peuvent être confrontées à ce type de désagrément.
A bon entendeur….

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